RACE INSIDE.

Publié le par "KOM BIKE"

 

Après notre longue semaine de montage des vélos pour le team Swiss Racing Academy, j'ai été convié à participer en tant que mécano de l'équipe au Tour de Savoie Mont Blanc. Grosse nouveauté pour moi qui n'ai pratiquement jamais quitté l'atelier KOM BIKE et les jupes de mon père, mais après tout, pourquoi pas faire cette expérience dont voici le petit résumé.

 Lundi 3 août, Départ d'Aix les Bains après un test Covid obligatoire pour faire parti du staff dans une pharmacie, direction le service Course. 3h30 de route à l’aller, on récupère du matos et des coureurs puis retour à l'hôtel à Chambéry, bonne première journée.

Mardi, début de journée à 8h. Je décharge le camion et je commence à préparer les vélos de course car les coureurs partent avec à 10h pour une sortie déblocage et histoire de voir si tout est ok. Pendant ce temps, je m’occupe des vélos d'entraînement qui doivent être prêt en cas de problème pendant la course mais si le boulot est bien fait en amont tout devrait bien se passer. L’après midi est synonyme de nettoyage des vélos de course car ils ressemblaient plus à des vélos de cyclocross que des vélos de route. C’est long de nettoyer à la lingette Vulcanet, mais le résultat est impeccable et abîme moins les vélos sur le long terme qu'avec un karcher.

 

Mercredi, premier jour de course. Pour ma part, je m’occupe de gonfler correctement toutes les roues de rechanges et toutes celles des vélos de course et d'entraînement, graisser les chaînes, coller les vignettes qui résume le parcours et passer un dernier coup de chiffon, histoire que les cadres brillent autant que le dénouement de la première étape qui arrive et vous allez comprendre pourquoi. Arrivé à Annemasse, je décharge les vélos, fait un dernier check up et embarque dans la voiture du DS, Guillaume Bonnafond pour ne pas le citer, des paires de roues d’un côté, la glacière avec les bidons de l’autre. Il y a un certain stress à ce moment là ainsi que la peur qu’il y ait un problème mécanique, une crevaison, une chute…

Le départ est donné, on entend sur les ondes de Radio Tour des coureurs qui appellent leur voiture pour un problème mécanique (Déjà??) ou une crevaison, on n'est pas encore au kilomètre 0... ça craint un peu pour ces équipes. La course part très vite avec des coureurs qui ont des envies d’échappée et à ce petit jeu 6 hommes se retrouvent en tête dont un coureur de l’équipe, jusque là tout va bien donc. Je me rends compte qu’en réalité il y 2 courses. Celle des coureurs et celle des directeurs sportifs. Autrement dit, il y la course des vélos et celle des voitures. Nous sommes la voiture 1 et il faut constamment se replacer car on essaye de griller notre place, faire attention aux motos qui sont de partout, être bien accroché dans les descentes parce que ça va très vite et faire attention aux coureurs qui arrivent par derrière. Bref, quand on est dans la voiture, on a pas trop le temps de souffler, sauf quand la course est calme, mais que d’émotions en revanche. Revenons à notre échappée. L’arrivée se rapproche à grande vitesse (38 km/h de moyenne sur cette étape) et nos 6 coureurs comptent plus de 10 minutes d’avance, ce qui laisse fortement envisager qu’ils vont aller au bout. Mais alors que la dernière ascension se présente devant les coureurs échappés, ils ne sont plus que 2 en tête dont un SRA en l’occurrence Joab Schneiter  qui se fait distancer juste avant le sommet et prend une trentaine de secondes de retard. IL ne reste plus que 6 kilomètres de faux plat descendant avant l’arrivée, et voilà que notre coureur comble son retard et finit par s’imposer au sprint devant son compagnon d’échappée. Nous étions bloqué dans la voiture derrière ce qui restait du peloton à ce moment là donc nous apprenons la victoire du 93 sur Radio Tour. Premier objectif atteint, une victoire sur ce Tour de Savoie. Ça c'est fait.

Seulement voilà, le jeudi allait être une journée éprouvante car il y avait 2 étapes le même jour, une de 97 kilomètres et une de 37. Le matin, les coureurs ont attaqués directement par le col de la Madeleine qui comporte 25 kilomètres d’ascension. Il aura fallu beaucoup d’effort à notre maillot jaune pour basculer avec le peloton puis tenir dans l’exigeante et très rapide descente avant de parcourir la plaine et d’escalader la dernière bosse de la matinée. L’après midi même topo : un col, une descente très dangereuse et une arrivée au sommet. Une victoire presque évidente du numéro 45 Pierre Rolland et une très belle quatrième place place de Reutimann Mathias de SRA.

Vendredi, grosse étape de 143 kilomètres et 2900m D+. Au bout de quelques kilomètres, la bonne échappée part avec Damian Lüscher dedans. Le premier col est monté à vive allure et la descente derrière est vraiment dangereuse. Un coureur de DN1 va chuter à cause du chien d’un spectateur qui traversait la route à ce moment. Le plus impressionnant était de voir son vélo au bord de la route littéralement coupé en deux !

Dans la deuxième ascension du jour, Damian qui était dans l’échappée à décidé de laisser les 3 autres et est parti tout seul au milieu du col. Il a très vite pris 30 secondes d’avance, puis 1 minute. Il a avalé la descente à toute vitesse puis à tenu dans la plaine qui amenait au pied du dernier col. A 4 kilomètres du sommet, Radio Tour annonce un écart de 2 minutes avec le “peloton” mais en réalité, il n’y avait que 40 secondes et tout espoir s’est envolé pour notre pauvre Damian qui gerait le final en pensant qu'il avait 2' d'avance... Dommage, une deuxième victoire et en solitaire sur une étape comme celle ci aurait été magistrale, mais on ne peut pas gagner à tous les coups.

Petite anecdote qui m’a beaucoup fait rire durant l’étape. Elle démarrait avec un faux plat montant à la sortie d’Aix les Bains. Presque tout de suite un coureur de l’équipe de développement de la Bahrain Mclaren a été distancé puis a fini par abandonner. Ce jour là, dans la file de voiture, nous étions justement derrière les Bahrain lorsque le van de la voiture balais, enfin le van balais quoi, arrive au niveau de la voiture Bahrain pour leur signaler qu’ils ont leur coureur et qu’ils doivent le récupérer. N’ayant pas de réponse de la part de son DS, le coureur qui était à l’arrière du van ouvre la porte coulissante pour montrer qu’il était là. Mon fou rire quand j’ai vu que le DS n’avait pas du tout envie de récupérer son coureur dans la voiture : ) Ils ont du le punir en fait..

Samedi, dernière étape avec un chrono individuel sous une forte chaleur. Le parcours était une simple montée du Mont Revard. 22 kilomètres effectués en 54 minutes et quelques part le vainqueur, Gavin Mannion de la Rally Cycling. Avant que les cadors du top 10 ne s’élancent, nous avions 2 coureurs aux premières et secondes places du classement de l’étape. Au final, le meilleur coureur de l’équipe finira 12è.

Après chaque fin d’étape il fallait bien sur tout ranger dans les deux véhicules de l’équipe avant de prendre la route pour rentrer à l'hôtel, où j’attaquais mon travail directement pour que les vélos soient opérationnels le lendemain pour la course. Quatre jours de courses et aucuns ennuis mécanique, aucune crevaison, comme quoi quand le travail est bien fait avant, on est beaucoup plus serein pendant.

Cette semaine aura été ma première fois sur une course. C’est vivre une expérience au cœur du peloton et même si ça aura été épuisant,car les horaires sont 8H/minuit, j’en garderais un bon souvenir, quelque chose à raconter au client qui viendront boire un café à l’atelier.

Bonne saison à tous les gars de Swiss Racing Academy.

Crédit Photos: Zoé Soullard/Freddy Guerin/Direct vélo

Publié dans divers..., mecanique

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Q
Merci de nous faire partager ces moments vu de l'intérieur.
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