UN 7 MAJEURS++

Publié le par "KOM BIKE" et Anne Fred

Anne-Fred, ou La Licorne est allée avec son chérie faire une petite sortie en vélo dont voici le compte rendu.
Nous lui avons monté un superbe Origine GT en montage à la carte, peinture comprise.
Je vous laisse avec elle pour lire sa ballade en duo.


LES 7 MAJEURS (ET UN PEU PLUS), HISTOIRE D’UNE BELLE BALADE DANS LES ALPES
Dimanche – J-1
Notre voiture est tombée en panne, pas grave. On ne fera pas l’ours Cathare comme prévu mais les 7 Majeurs pour les vacances. Petite vérification du matos et je commence à installer le Tailfin sur le vélo de Jonathan, tout est prêt.


Lundi – Prologue
Tout grand tour à son prologue, notre « 7 Majeurs » a eu évidement le sien. Nous descendons du train à Saint-Michel de Maurienne pour nous rendre à vélo au départ qui est à Briançon. Un léger détail est entre les 2 : le Galibier (donc aussi le Télégraphe et le Lautaret). Jonathan se rend vite compte qu’avec le chargement notre allure sera plus proche de celle d’un poney en promenade que d’une féfé en course. Pour ma part je me demande si pour le goûter à Briançon je vais plutôt prendre un pain au chocolat ou un muffin au chocolat. Ah oui, je n’ai pas précisé ; nous ne sommes pas là pour faire un chrono aux 7 Majeurs mais plutôt pour une rando gourmande.


Mardi – Ca commence
L’Izoard ou « Un café allongé et une pâtisserie maison s’il-vous plaît. »
La boucle mythique commence gentiment par le col de l’Izoard. Il est magnifique, assez peu pentu, aucun taquet. Bref, une vraie belle promenade sous le soleil. 1 km avant le col il y a le refuge Napoléon. Evidement la pause est obligatoire sur une rando gourmande ; ça sera un café allongé et une tarte au poire maison avec (beaucoup !) de chocolat fondu. Dom si jamais tu lis ce compte-rendu stp ne fais pas de crise cardiaque sur ma diététique. La descente est juste ouf nous sommes sans soucis à Château-Queyras une charmante bourgade du Queyras (oui j’aurais dû faire guide touristique je sais). Ça sera pizza pour nous 2 au déjeuner.
Agnel ou « Viva Italia !» (Le début)
Notre journée se poursuit par le col Agnel jusqu’au refuge du Génépi. Le début du col est mignon, pas trop de pente, pas de vent, grand beau autant dire qu’on profite un max. Le refuge est toujours aussi sympa et on y dîne toujours aussi bien (ah oui non mais quand je parle de rando gourmande hein !).


Mercredi – Dolce vita
Agnel ou « Viva Italia !» (La fin)
La journée commence sous un ciel bien menaçant, il a plu une partie de la nuit. Le col est beau, il ressort de manière vraiment impressionnante voire intimidante dans les nuages. Nous franchissons la frontière et après une descente assez épique en mode « accroches toi » pour contrer les rafales nous voici pour le déjeuner à Sampeyre. Malheureusement l’orage menace et nous n’avons pas une fenêtre météo importante, pas le temps de nous attabler. Après une rapide petite collation (ok avec tout de même des petits gâteaux au Nocciolata) nous repartons pour le col suivant.
Sampeyre ou « L’avantage c’est qu’il est régulier. L’inconvénient c’est qu’il est régulier. »
Nos avis sont partagés sur ce col ; perso je l’adore c’est simple et efficace. La pente moyenne est à 10%, max 12, minimum 9, pas de changement de rythme, pas de km perdu, un petit régal. Jonathan est un puncheur, il ne kiffe pas trop on va dire. On arrive en haut sans encombre, l’orage ne gronde pas encore c’est parfait. La descente se fait tout doucement, le brouillard comme à envahir la route. Arrivé au pied, pas de doute, nous entendons le tonnerre. Hop juste le temps de se mettre à l’abris et voilà le déluge. On voit un couple passer, pas le time pour eux. C’est assez clair qu’ils vont faire la Fauniera malgré l’orage et vu leurs sacoches ils n’ont même pas une thermique. Je peste contre eux, ce n’est vraiment pas une bonne image de notre sport. Petit point météo, ça donne quoi ? L’orage cesse dans 1h30 et par contre demain c’est Bagdad. La décision est prise, on repart pour le col suivant à la fin de la pluie pour faire une journée très courte le lendemain.
La Fauniera ou « Si tu bielles pas c’est que tu t’es trompé de col. »
Pour les gens endurant comme moi les relances à 24% de ce col c’est juste la promesse d’avoir le cardio à 200 et de ne plus avoir de jus ; pour les puncheurs ça passe nickel mais alors les 25km d’ascension auront raison de leurs muscles. Le début du col est magnifique, il monte dans une gorge jusqu’à un charment petit village, Marmona (ou quelque chose comme ça). Après c’est un peu moins de la ballade… Passé la forêt et ces taquets, les alpages et leurs chiens nous arrivons à proximité du col. Le ciel est chargé, la luminosité baisse. C’est assez surréaliste comme ambiance, les sommets ressortent et je profite un max de ce paysage entre 2 rafales d’un vent glacial. Nous faisons la descente de nuit jusqu’à Demonte. Il était plus que temps d’arriver, Jonathan est cuit. Quelque chose me dit que j’ai de la chance d’avoir un compagnon de route aussi solide qui est capable d’encaisser des journées à plus de 3600m de Dz+ pour sa première longue distance ! J’aurais vraiment dû faire guide touristique c’est bien je dose bien ma route moi… Bref quoi qu’il en soit vive l’Italie, il est 22h mais nous trouvons sans problème une pizzeria. Quel régal !! Nous ne sommes pas d’accord pour l’endroit du bivouac, lui veut un peu à l’écart pour être à l’aise moi je souhaite sous un porche ou dans un local poubelle pour avoir un toit, pragmatisme oblige. Nous choisissons le joli coin à l’écart, mauvaise pioche. Moins d’une heure après notre installation nous allons finalement sous le porche pour dormir, la pluie est sur nous. Une vraie dolce vita à l’italienne cette journée !


Jeudi – Sauve qui peut
La Lombarde ou « Sans haine ni violence (entre 2 claques). »
Nous avons la chance de trouver une boulangerie ouverte à notre réveil. Je pense qu’on peut appeler ça un pillage en règle. Je commence à me dire que je vais demander un catégorie spéciale « rando gourmande » pour l’homologation. Tout y passe, du croissant au Nutella au petit sablé en passant par un capuccino et évidement un ristretto. Pique-nique de midi en poche, ou plutôt en sacoche, nous partons pour la Lombarde. Passé le début un peu pentu la suite est vraiment tranquille, à quelques taquets bien sévères près. Le sommet est dans les nuages, plein vent et il fait 6 degrés. Presque le temps de St Tropez, on est proche de l’ambiance d’Ibiza. Génial. Sans prendre le temps de faire bronzette on descend direction Isola. Une des spécialités de la boulangerie c’est la flammekueche en tartine, parfait après la pizza ramenée d’Italie. Oui une vraie rando gourmande, je vais demander l’homologation spéciale. Après un petit café et un dessert (vous commencez à vous en douter) nous prenons la direction de Saint-Etienne-de-Tinée par la piste cyclable. Le soleil est revenu, il fait 35 degrés j’ai un peu chaud là (la nana jamais contente)… On arrive pile à temps à notre logement réservé au dernier moment, les moussons sont là ; en quelques minutes on passe du grand beau à un torrent dans les rues.


Vendredi – This is the end
La Bonnette ou « Sa Majesté le Roi Bonnette. »
La journée commence mal, pire que mal même. La boulangerie de Saint-Etienne de Tinée n’a pas de croq’ ce matin. Non mais ça sert à quoi d’être venue jusque-là ???? Nous commençons l’ascension de la Bonnette et au risque de me faire découper en tranche sur place, rôtie au bucher des hérétiques et tout ce qui va bien je l’annonce, je n’aime pas trop ce col. Il est magnifique c’est une certitude mais il n’en finit pas, les paysages ne changent pas trop, et les pourcentages ne me conviennent pas du tout. Jonathan, lui, kiffe cette montée. Les orages de la veille ont fait pas mal de dégâts et nous mettons plusieurs fois pieds à terre pour franchir des coulées de boue ou contourner comme on peut des éboulements. Une de mes cales n’apprécie pas du tout la blague, elle va me le faire comprendre jusqu’à la fin du voyage. La descente de la plus haute route d’Europe se passe bien et nous filons vers le prochain col.
Vars ou « Pour finir en beauté. »
Avant cette boucle, Vars était mon col préféré en 2ème position, le Sampeyre occupant la plus haute marche. Sauf que là, on a eu 0 paysage offert par le col italien et un régal par cette petite montée mais chut ! Pas de teasing ! Au pied du col, pause casse-croute à une boulangerie bien sympa, on en profite aussi pour faire le plein pour le soir. Le début de l’ascension est bucolique à souhait à côté de l’Ubay. La suite est sans perte de temps, pas de gomme de pneu usée pour rien, une bonne montée comme il se doit dans les 10% à peut près. J’aime tellement ce col. Jonathan m’ouvre la descente et je kiffe ma best life, la luminosité de cette fin d’aprèm est magique. Vars passe vraiment au stade de « col préféré en première position ». Arrivé au pied le ton est donné, un fort vent défavorable nous accompagnera. L’avantage d’avoir une carrure de cycliste (même si je rapporte 1 ou 2kg de cette rando gourmande) et de voyager avec un colosse qui apprécie la muscu c’est que le vent de face est un problème seulement pour l’un de nous deux, je vous laisse deviner qui. Nous arrivons sans encombre (enfin pour moi qui suis restée bien à l’abri) jusqu’à proximité de Briançon. Un petit ruisseau, une clairière, 12 degrés annoncés au minium dans la nuit, parfait pour un dernier bivouac. Je n’ai pas très chaud. J’ai froid en fait. Disons que je me les pèle sévère malgré les chaufferettes, le bivy et les techniques de visualisation.


Samedi – Epilogue
Nous nous réveillons bien avant l’heure prévue, je regarde le thermomètre de mon GPS, 5 degrés ; merci la météo. Evidement après une nuit comme ça un pillage en règle d’une boulangerie de Briançon s’impose. Un bon café-pizza-pain au chocolat plus tard nous voilà près à entamer l’épilogue de notre aventure. Nous avançons bon train le long du Lautaret lorsque je tape dans un nid de poule, mon frein a une forme très artistique dis donc. Impossible de dévoiler l’animal, nous reprenons la route comme ça. Le reste est nettement moins plaisant, j’appuie tout ce que je peux mais le frein frotte beaucoup à chaque tour de roue. Comme dans chaque moment difficile je pense à Kom Bike, au Sultant et malheureusement maintenant aussi à Julien. Ok j’ai mal, ok c’est un (très !) sale moment mais bon moi au moins je peux pédaler autant que je veux, ça me met un bon coup de pied aux fesses. Virage à droite et c’est la montée du Galibier. Je me fais péniblement doubler par une 2CV et Jonathan m’encourage avec un très beau compliment « T’es vraiment comme une Dodoche, increvable. Et même quand c’est cassé bah ça avance. » Dans les derniers hectomètres je donne tout ce que je peux au son du couic couic. A ce moment-là j’ai le style de Greipel, la vitesse en moins bien sûr. Descente sur Valloire et enfin la pause de midi, je l’ai bien attendue celle-là ! Après un bon sandwich aux couleurs de l’Italie (tomate, mozza, pesto) nous grimpons le Télégraphe, un col on ne peut plus alpaginatoire, et c’est la dernière bascule. Arrivé en bas, grosse frayeur : Jonathan vacille et arrive à poser pied à terre de sa mauvaise jambe après un très gros numéro d’équilibriste. La cale s’est cassée dans la pédale, du jamais vu dans les annales ; il était temps d’arriver ! Pour être certain d’obtenir notre homologation de rando gourmande, en attendant le train ça sera une dame blanche, café/bière (entourez la réponse choisie).
Le petit mot de la fin pour vous dire merci de m’avoir lu jusqu’au bout, j’espère que je vous ai un peu fait voyager et rire. Merci évidement à Patrick Gilles qui a conçu ce superbe parcours. Je garde le meilleur pour la fin, merci à mon compagnon de route, mon compagnon de vie, qui m’a fait confiance pour faire sa première longue distance et sans qui je n’aurais pas autant profité de cette aventure.
A bientôt pour un autre compte-rendu que je dois à Miss Coco.
Prenez soin de vous et profitez de la vie.

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